Agnès Desplaces

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Agnès Desplaces est sélectionnée pour le Grand Prix 2017 de l'Institut Culturel Bernard Magrez, exposition sur le thème 'never give up' du 6 juillet au 30 septembre
16 rue de Tivoli, Bordeaux
05 56 81 72 77
 

 
Agnès Desplaces peint des silhouettes de personnages, des têtes ou des bustes, sans qu’il soit toujours possible de décider si le sujet nous regarde ou nous tourne le dos. Elle affectionne les formats carrés et une palette économe en couleurs. Dans son travail, il est question de masquage ou d’effacement, que ce soit par un jeu de barreaudage ou par une lente dissolution en halo de la forme dans le fond. Tout semble figé, comme s’il s’agissait d’une empreinte, dans un instant insaisissable, suspendu entre présent et passé. Agnès Desplaces nous invite à suspendre le temps, à nous en abstraire, à laisser nos soucis de côté, à nous arrêter et à nous poser, à mettre de côté nos facultés intellectuelles pour observer, sans préjugés, et laisser libre cours à notre sensibilité. Le flux temporel se mue alors en humanité. On pense à la réplique de Gurnemanz dans le premier acte du Parsifal de Wagner : « Ici le temps se mue en espace. »

Louis Doucet, macparis 2016

 




 

 

Illustration
Un psy dans la ville, 24 mars 2016, Marie Pierre SICARD DEVILLARD
 

 
 

 








En compagnie de Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe arrdt de Paris
lors du vernissage de l’exposition, le 29 juin 2015

 

 
 

 
 

 
Exposition collective du 22 au 24 mai 2014
PREMIERE OEUVRE web art gallery, villa Deshayes - Paris 14e


Exposition permanente
www.premiereoeuvre.com
 

 
Portes ouvertes des ateliers d’artistes du 6° arrondissement, Paris : 14-15-16 mars 2014
Exposition avec Florence de Ponthaud-Neyrat, sculpteur

 

 
Salon PULS’ART mai 2013
www.pulsart-lemans.com


Agnès Desplaces
 

 

Eric Meyer (peintre)
devant une toile d’Agnès Desplaces
La peau est ma motivation première. Ce lien visible entre le dedans d’un être et le monde dans lequel il évolue.
Transgresser cette limite du corps est pour moi naturel car cette frontière ne me semble pas si bien définie.
Ainsi, les personnages qui apparaissent, surgissent sans prévenir avec force.
Je ne fais que leur ôter l’inutile parure qui les enferme pour qu’ils se montrent comme des géants.
Des géants qui se laissent être comme surface d’identification préférant les couleurs suggérées qui se devinent et se révèlent lentement à travers les bruns profonds et le libre accord des gris, des ocres et des blancs.
C’est leur soi que je tends à monter à celui qui se laisse imprégner de leur monde.
Mais qui sont-ils ?
Je répondrai qu’ils sont un état, nous, vous ou quiconque.
Mais les regarder, c’est les suivre car leur aura trouble et incertaine nous guide et nous transforme.
Nous les apercevons toujours de dos. Ils ne nous indiquent pas le sens, mais le chemin du sens.
Ils nous forcent à la contemplation de leur monde qui n’est autre que le reflet de ceux qui se laissent voir.

Agnès Desplaces

Skin is my first inspiration. This visible link between the inside of a human being and the world in which he develops.
To go beyond this limit of the body is natural for me because to me this boundary doesn’t seem to be well defined.
Thus the people that show up come with force and without warning.
I only take away the useless finery that enfolds them, so that they can show themselves as giants.
Giants that allow themselves to be like a surface of identification who prefer colours that are suggested and can be guessed at and who reveal themselves slowly through deep browns and the free harmony of greys, ochres and whites.
It is their self that I try to show to the person who allows themselves to be immersed in their world.
But who are they?
I reply that they are a state of being, us, you or whoever.
To look at them is to follow them because their troubled and uncertain aura guides and transforms us.
We always see them from the back. They don’t indicate the meaning but the way of meaning.
They face the contemplation of their world which is no other than the refection of those who allow themselves to be seen.

Agnès Desplaces

 

 


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Des nuques de dos, résolument avec des oreilles, telles des parenthèses esquissées...
Arrêt sur image et point d’interrogation. Dans cet envers qu’elle donne à voir sur grand format, le temps s’arrête, notre pensée est décontenancée, tourne boulée. Nous sommes tout à coup, l’araignée, le sujet de la toile, au centre, en apnée, sur un seuil, dans une possibilité mystérieuse et vivifiante. Emotion!
De prime abord, une immense présence cernée, l’évidence d’une nuque, toute en subtilité d’éclairage de substances, de crânes nus aux nuances de craies, de variations blanchâtres, grisées et mouvantes permet une intrusion en toute liberté dans les pensées de la figure retournée. Retour aux origines du perceptible par les nécessaires projections, par l’élaboration qui tente la reconstitution impossible d’un visage!
Ce point de vue, rare et courageux nous permet d’ouvrir des potentialités inconnues de notre univers intérieur. Par le truchement d’un jeu figuratif, elle nous fait franchir les seuils de notre abstraction intérieure. Par ailleurs, aucune concession dans un vouloir dire mais une absence de signes, juste la substance et les traces d’un travail patient sur la matière colorée où l’ocre, le blanc, l’épaisseur d’une chair ou d’une ossature s’éploient.
Ce compte rendu strict de cet envers nous remet bizarrement à l’endroit.
Peut-être que dans la vie maintenant les nuques se mettront à nous parler comme jamais et chaque visage sera une surprise. L’art se doit être à mon sens un étonnement de toutes les secondes et nous y sommes. De fait nous aurons cheminé ensemble, échangé sur la face obscure de ce qui se silhouette en nous, de ce qui s’opère dans la plongée vers l’esprit.
D’ailleurs, un chef d’orchestre sans hésiter acquiert une toile. Il a tout de suite compris qu’elle lui était destinée! Une gamine soulève la toile pour voir de l’autre côté!
En voilà deux qui savent!!!
Oui, elle a eu raison d’oser. Alors, ne lui tournez pas le dos, tentez d’y être! Sinon, il est possible qu’en vous regardant vous éloigner le dos tourné, elle risque d’en faire pour notre plus grand plaisir une nouvelle toile!

Yannick Lefeuvre, mai 2013